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Les scientifiques considèrent désormais le muscle comme un organe endocrine, c'est-à-dire un organe capable de produire et de libérer des substances pouvant agir à distance sur d'autres tissus.
Lorsque nous marchons, pédalons, jardinons ou réalisons un exercice de renforcement musculaire, nos muscles participent ainsi à un dialogue avec de nombreux organes.
Le muscle ne fait donc pas que répondre aux ordres du cerveau : il participe également à des échanges avec l'ensemble de l'organisme.
Cette découverte aide à mieux comprendre pourquoi l'activité physique agit sur de nombreux aspects de notre santé.
Les recherches suggèrent que les myokines participent notamment :
Les chercheurs considèrent aujourd'hui que ces molécules participent à une partie des bénéfices observés avec l'activité physique régulière.
L'un des domaines de recherche les plus intéressants concerne les liens entre activité musculaire et santé cérébrale. Plusieurs myokines sont étudiées pour leur rôle potentiel dans les mécanismes reliant activité musculaire et fonctionnement cérébral.
Certaines pourraient notamment intervenir dans des mécanismes associés à la plasticité cérébrale, c'est-à-dire la capacité du cerveau à modifier ses connexions et à s'adapter. Ces mécanismes pourraient contribuer à expliquer pourquoi l'activité physique est associée à un meilleur maintien des capacités cognitives au cours du vieillissement.
Attention toutefois : les chercheurs ne considèrent pas les myokines comme l'unique explication. Les bénéfices de l'activité physique sur le cerveau passent également par l'amélioration de la circulation sanguine, du sommeil, de l'humeur, de la santé cardiovasculaire et par de nombreux autres mécanismes.
Avec l'âge, la masse musculaire tend naturellement à diminuer. Lorsque cette diminution s'accompagne notamment d'une perte de force musculaire, elle peut s'inscrire dans le cadre de la sarcopénie. Mais préserver ses muscles ne consiste pas uniquement à conserver son autonomie ou à réduire le risque de chute.
Maintenir une activité physique régulière permet également de conserver un tissu musculaire actif, capable de participer à cette communication avec les autres organes. Ainsi, lorsque nous travaillons nos muscles, nous ne prenons pas seulement soin de notre force et de nos capacités physiques. Nous stimulons également de nombreux mécanismes qui participent au fonctionnement de l'ensemble de notre organisme.
Les myokines font aujourd'hui l'objet de nombreuses recherches et certaines questions restent encore à éclaircir.
Un message est néanmoins bien établi : l'activité physique constitue l'un des principaux moyens de solliciter notre tissu musculaire et les mécanismes biologiques qui lui sont associés.
Marche, jardinage, vélo, danse, renforcement musculaire ou toute autre activité adaptée à ses capacités : chaque mouvement compte.
Parce qu'en bougeant, nous n'entraînons pas seulement nos muscles. Nous participons aussi au bon fonctionnement de nombreux systèmes essentiels à notre santé.
Pour aller plus loin :
Lee JH et al. Decoding the Endocrine Code of Skeletal Muscle: Myokines, Exerkines, and Inter-Organ Crosstalk in Metabolic Health and Disease. Revue récente sur le muscle comme organe endocrine, les myokines et la communication avec les autres organes.
Gao X, Chen Y, Cheng P. Unlocking the potential of exercise: harnessing myokines to delay musculoskeletal aging and improve cognitive health. Frontiers in Physiology, 2024.
Investigating the mediating effect of myokines on exercise-induced cognitive changes in older adults: a living systematic review and meta-analysis. 2025.